lundi 15 juillet 2019

YEYD

You eat.  You dishwash.

Ce n'est pas vraiment la loi de la jungle, non. C'est seulement une loi naturelle.
Implacable.

Prenons le cours des événements à l'envers. Remontons le temps, nous comprendrons facilement.
J'avais montré ici l'évolution du (petit) potager.
La température est restée très positive en ce mois de juin et ce n'est qu'en juillet que la petite canicule nous a abandonnés faisant place à un peu d'humidité. Ces conditions ont été favorables à un bon développement de ce que Sabine a semé, nous avons veillé à ce que la soif ne les étiole pas...
Les petits pois ont été récoltés, j'ai déjà parlé aussi des courgettes, et voici que les haricots répondent à l'appel :
sur pied, ceux de demain
et ceux du jour...
Il va de soi qu'ils ne sont pas restés solitaires, ils ont accompagné un steak au poivre vert à la crème (flambé au cognac) avec de pdt nouvelles et des lamelles de courgettes sautées (ah...les courgettes quelle délicieuse invasion...)
La presse n'est arrivée que bien tard juste pour immortaliser le vin. Et c'est vrai que lorsqu'on passe les 90 chez Parker, ça vaut le détour...

Bon...ça c'était aujourd'hui, nous devrons tout de même un peu parler de hier aussi, d'avant hier sans doute ?
Beaucoup de bonnes choses, souvent basées sur les fritures de fleurs de courgettes, de fleurs de soucis et autres choses qui nous font penser au Sud



mais c'est certain qu'il n'y a pas eu que ça.
Science sans conscience n'est que ruine de l'âme écrivait Rabelais qui en savait un bout sur ce que nous venons de voir.
Bouffe rien que bouffe c'est un truc de ouf pourrait écrire le petit Kevin s'il possédait des bases... mais il doit le penser à peu près dans la forme...
alors un peu de poésie :
Les roses ont vécu ce que vivent les roses




tiens c'est marrant Malherbe en suite de Rabelais... logique, mais la question n'est pas là, les capucines objet de tous les soins de Sabine se portent à merveille
et le vieux rosier* fleurit avec constance
à l'intérieur, l'amaryllis fait son bouquet annuel en dépit des mauvais traitements que lui inflige le chat
c'est curieux il est assez inconstant quant à sa date de floraison...

Et pour parler un peu de tout, Sabine est finalement parvenue à trouver un affûteur pour ses paires de ciseaux gauchers, elle est très contente et cette piqûre de rappel m'a fait remettre la main sur de vieilles choses :
Benoit Pley, le rémouleur en question nous a demandé tout en travaillant si nous avions un couteau sur nous. Sabine prenant les devant lui a sorti son couteau artisanal acheté à Pézenas, il est toujours dans son sac. Il l'a affûté rasoir ensuite ce fut son Victorinox multi lames avec ciseaux.
Même traitement...
Pour ne pas être en reste, j'avais aussi mon Suisse en poche, si ce n'est pas mon couteau, c'est un de mes couteaux. En réfléchissant un peu, je devrais sans doute lui présenter un couteau qui est plus vraiment "mon" couteau enfin un de "mes" couteaux...
C'est un Piémontais, simple, facile à manipuler d'une seule main et si son manche est en buis avec tenons en os, sa lame est moins anodine.

Je l'ai forgée à partir d'un éclat d'obus ramassé à Verdun du côté du bois Fumin si je me souviens bien. C'est un acier qui a souffert, il n'y a pas que lui d'ailleurs. Il prend la trempe, ses contemporains devaient aussi être d'une bonne trempe, respect pour Eux.

Il nous restera encore à parler de deux petites balades qui nous ont conduits dans la vallée de la Meuse et de la Semois (Semoy pour les Français, et c'était en France).
Ce sera pour plus tard.

* ce rosier a été recouvert par du déblais lors de l'aménagement de la maison il a de cela plus de quarante ans. Il était certainement présent depuis très longtemps, sans doute depuis le début, il serait alors plus que centenaire... beaucoup de respect pour lui aussi.


Enkele herinneringen aan de gebeurtenissen van de eerste helft van juli.
Goede gastronomische herinneringen (en hun uitvloeisel)
De evolutie van de moestuin en bloemen.
een gevaarlijk terugkomen op de smid van de messen ...
Binnenkort de relatie van twee fietswandelingen in de valleien van de Maas en de Semois

Some memories of the events of the first half of July.
Good gastronomic memories (and their corollary)
The evolution of the vegetable garden and flowers.
a dangerous come back on the knives' smithing...
Soon the relation of two cycle walks in the Meuse and Semois valleys

Einige Erinnerungen an die Ereignisse der ersten Julihälfte.
Gute gastronomische Erinnerungen (und ihre Folge)
Die Entwicklung des Gemüsegartens und der Blumen.
eine gefährliche Rückkehr auf die Messerschmiede ...
Bald die Beziehung von zwei Radwanderungen in den Tälern Maas und Semois

Algunos recuerdos de los acontecimientos de la primera quincena de julio.
Buenos recuerdos gastronómicos (y su corolario).
La evolución del huerto y las flores.
Un peligroso regreso en el herrero de los cuchillos.
Pronto la relación de dos ciclos anda por los valles del Mosa y del Semois.

mercredi 19 juin 2019

Chroniques

le mois de juin par sa situation au pivot de l'année semble particulièrement adapté pour ce genre d'exercice.
Avant toute autre chose il nous faudra garder le souvenir de ce menu homard du restaurant "la Fermette" à Falaen", nous avons même bissé l'expérience.
Ambiance...

L'année dernière j'avais déjà publié des photographies d'une plante bizarre qui se développait dans le poulailler. Nous étions curieux de voir si un ensemencement naturel pouvait survenir.
Avec une semaine ou deux de retard les stramoines sont au rendez-vous. Reste à savoir si ce sont les graines des plantes de l'an passé ou des graînes survenues dans l'alimentation du poulailler comme ce fut le cas alors ?

Pour rester dans le sujet des graines, le potager a un aspect engageant, les petits pois promettent et avec un décalage qui devrait nous assurer une récolte échelonnée, Sabine a semé deux nouvelles lignes de haricots
Tout ça c'est de l'avenir, mais au présent, les courgettes ont commencé leur floraison. Et pas que ça !
La présence de bébés courgettes nous a incités à profiter : un bon "tiens" vaut mieux que deux "tu l'auras"
Une farce avec des noisettes pilées, du pain émietté et des olives vertes le tout passé à la moulinette et manié avec un jaune d’œuf
la fleur a cette tête là sur l'assiette. Pas glamour mais à croquer quand même
et l'assiette avec un naan... un peu mieux non ?
l'occasion de terminer la bouteille de Folio 2016
ouverte pour une précédente occasion où il était question de blanc de coquelet farci (pain, jambon cuit, échalotes, noisettes, thym, persil et jaune d’œuf) et nappé d'une sauce estragon-crème accompagné de petits pois mange-tout de Chooz
WIP avec certains matériaux
Et maintenant...
les petits pois... les nôtres. Frais éclos...
et en situation avec du poulet émincé (reste de ce dont on parle plus haut) toujours avec estragon mais accompagnés de pâtes fraîches, des vraies pétries dans la demie-heure qui précède leur cuisson !
Des ravioles au parmesan et à la fleur de thym





jeudi 13 juin 2019

Campagne contre le sabotage de la mémoire



саботаж из памяти ( sabataj iz pamiati ) aurait dit qui vous savez *… et pourtant, elle ne le fait pas exprès la mémoire, elle ne sabote pas. Elle oublie. De plus en plus :-(
Aussi c'est pour lui venir en aide que j'inclus certaines choses dans ces pages. Dernière neige, premières fleurs ou dernière bouteille… c'est selon…

Alors la première rose de la tonnelle le mardi 11 juin
Alors que beaucoup de feuilles de ce rosier ont déjà été virées pour je ne sais quelle raison. Nous ne pourrons plus compter que sur les fleurs pour avoir un peu d'ombre sur la terrasse. Elles promettent d'être nombreuses mais ce sera fugace…

Je viens de parler de dernières bouteilles, en voici deux : l'Amarone on le gardait pour une éventuelle occasion, mais conscients des aléas du vieillissement, hé ouis… nous l'avons mariée à un osso bucco et ce fut bien
Nous avions déjà exhumé un autre ancêtre avec le même bonheur

Jamais deux sans trois, mais ici elle était toute jeunette et c'est pour savoir à qui nous avons à faire que nous l'avons débouchée
C'est Sabine qui sur son "feeling" a acheté cette bouteille.
C'est bien, c'est même très bien et à postériori si nous l'avons bien appréciée nous lisons sur le site que l'année était très correcte et facile pour le vigneron. Reste le prix qui est en rapport…
Et c'était avec quoi ?
Des foies de volaille à la crème et aux fleurs de thym - il faut profiter de cette floraison – il y a aussi des lardons, lard de la Forêt Noire fumé, des petits fruits d'ail des ours, des petits poireaux et les derniers petits pois de 2018 qui étaient au congélateur.
Tout parfait avec un petit bémol pour les pois, il faut bien un petit bémol…
Restons dans la bouffe, et aussi pour se souvenir parce que ce n'est pas courant.
Sabine s'est fait une blanquette (j'ai goûté, elle était très bonne) mais moi, j'avais (depuis longtemps) envie d'une brandade. Et je me la suis cuisinée
Avec un Saint-Joseph blanc de Didier Crouzet ça collait bien

Et une dernière piqure de rappel : il y a trois ans, nous avions visité une exposition de dinanderie à Dinant (ça ne s'invente pas) et nous avions eu l'occasion de voir Didier Delitte au travail
ses œuvres étaient encore présentes
la participation  me semble moins importante qu'en 2016 mais parmi elles, j'ai découvert quelque chose que j'aime bien

oui, ici les agrafes sont nettement posées à postériori dans un but cosmétique, après que le chalumeau a fait la découpe. Mais elles me font inévitablement penser à mes papillons qui eux sont toujours là par nécessité, et si esthétiquement ça plait… et bien tant mieux

*Joseph Vissarionovitch bien entendu.
 



samedi 25 mai 2019

dé pipé

pipé, on va comprendre pourquoi à la lecture... mais ces tuyaux n'ont absolument rien à voir dans cette histoire

J'ai promis de reparler de ce bois que m'avait donné un sympathique jardinier occupé d'élaguer un massif de Kalmia,
à cause de la taille réduite de ses troncs, le bois du laurier de montagne (Kalmia latifolia) n'a jamais été considéré commercialement.
Sauf dans un cas découvert au travers de mes recherches sur le web:
Il semble que jusque dans les années 1960 aux États-Unis, quand les matériaux synthétiques sont arrivés en grand nombre, les lauriers des montagnes ont fourni des tronçons de racines qui pouvaient être substitués à de la bruyère importée coûteuse, pour la fabrication de fourneaux de pipes.

Une autre découverte, a été la toxicité de toutes ses parties, bois, feuilles etc... Ce n'est pas le premier bois ainsi diabolisé, mais ici on trouve une autre dimension. Un des principes de cette toxicité, c'est la grayanotoxine : un terpène qui intervient dans le phénomène chimique de la neurotransmission dans le sens d'une sur-stimulation.
Pour résumer, c'est un truc qui vous booste.
Mais, il y a aussi des actions sur le système vagal qui peuvent déboucher sur de l'hypotension, de la bradycardie et un éventuel blocage ventriculaire. Le grand saut quoi...
Quasi toutes les éricacées sont renseignées potentiellement dangereuses et je m'inquiète au sujet des myrtilles des canneberges et autres airelles... enfin elles doivent faire exception... depuis le temps...
Depuis le temps qu'un autre phénomène lié est connu : le miel. Lors de son élaboration, les abeilles qui ont majoritairement butiné des fleurs de ces charmantes plantes, Rhododendrons, Kalmias et autres, ces abeilles font passer les toxines dans leur miel, ce qui le rend un peu hallucinogène, c'est le mad honey connu déjà de Xénophon (mais pas sous ce nom) et utilisé par Mithridate dans ses luttes contre Pompée paraît-il. Ce miel est produit dans certaines régions : Himalaya, Caucase, littoral turc de la Mer Noire entre autres, dans le but avoué de faire péter les plombs.
Un succédané de cocaïne en quelque sorte et je le soupçonne de ne pas être très légal.
Une autre chose à noter pour revenir à notre bois, c'est son petit nom dans l'est des EU où il est très présent : spoonwood car son fil est dense et serré au point de pouvoir en faire de bonne cuillères.
On revient ainsi à mes cuillers en if et on voit bien qu'il ne faut pas s'exciter sur le sujet...

   - pour approfondir ce que je n'ai fait qu'effleurer :
https://www.fs.fed.us/database/feis/plants/shrub/kallat/all.html#OTHER%20USES
https://www.plantes-botanique.org/genre_Kalmia
https://en.wikipedia.org/wiki/Grayanotoxin

Mais revenons à notre dé. Nous allons le traiter comme les autres bois abordés et je glisserai ce chapitre à la place qu'il doit occuper.

Arbuste acclimaté, essentiellement en massifs décoratifs dans les parcs, nous avons peu de chance de trouver des renseignements dans les sources habituelles. Inconnu chez Venet, Lieutaghi ou Mathieu, c'est par la bande que je vais essayer d'en savoir un peu plus.
Le Kalmia latifolia fait partie comme la bruyère en arbre de la famille des Ericacées
je lui ai adjoint un anneau basal tourné dans ce bois et on distingue tout de suite une parenté bien que ma bruyère vienne d'une souche.
La coupe transversale montre malgré la faible qualité de la photographie une couche serrée de vaisseaux au début du cycle, ensuite les vaisseaux diminuent très progressivement de taille, sont entourés de parenchyme et ont tendance à se grouper en amas orientés radialement jusqu'au bord extérieur où je ne distingue rien de bien particulier.
Les rayons ligneux sont nombreux, moyennement fins mais inégaux.
Le tissu fibreux est abondant et régulièrement réparti sur tout le cerne
Ce cerne peut présenter des ondulations.
L'effet d'obturation de certains vaisseaux doit être du à la présence de poussières de ponçage comme le montre une portion sortie du couteau

Parlant des éricacées, Venet nous dit que la bruyère (Erica) présente des alignements radiaux de vaisseaux, comme l'arbousier (Arbutus) que je n'ai pas.
Mathieu parle des rayons ligneux ; inégaux, les uns médiocrement épais, assez espacés, les autres minces. Les vaisseaux isolés dans la zone d'automne, mais les cernes ne se distinguent pas très bien (on parle de la bruyère, chez Kalmia, c'est bien visible)
Pas de renseignement au sujet de la densité
Un petit calcul me donne 0,685 à l'état sec mais ce résultat doit être considéré comme une estimation

een vingerhoed in Kalmia-hout met wat bespiegelingen over de "gekke honing"

a spoonwood thimble with some reflections on the "mad honey"

Ein Fingerhut aus Kalmia-Holz mit einigen Reflexionen über den "verrückten Honig"

un dedal en madera de Kalmia con algunas reflexiones sobre "la miel loca"

jeudi 23 mai 2019

Mariemont

Il était grand temps...
Nous attendions, afin d'être certains que les rhododendrons seraient en fleurs.
Lorsque nous en avons été assurés, la météo s'est mise au mauvais fixe, et franchement, blottis sous un parapluie, nous savons que ce n'est pas génial. Nous avons déjà donné.
Mercredi donc, nous avons pris la route pour le musée de Mariemont, pour les rhodos et surtout pour visiter une exposition "De lin et de laine. Textiles égyptiens du 1er millénaire"
C'est pour cela qu'il était grand temps, l'exposition se clôture le weekend prochain...
Mais revenons à nos rhodos. Pour eux aussi il était temps, beaucoup de fleurs ont déjà des heures de vol

L'exposition quant à elle présentait une belle variété de pièces, toutes dans la fourchette 4ème-8ème siècle, conservées au mieux grâce au climat sec du désert égyptien. Donc, une production en grande partie avant la conquête islamique ce qui explique les représentations humaines qui rappellent assez les divers styles antiques de la Méditerranée, silhouettes de vases à figures noires ou art minoen et même pour certains un quelque chose de Kouchan... bref une sorte de synthèse des influences de l'art hellénistique





avec même des coloris percutants
on rencontre même un centaure
et au milieu de tout ça une figure avec un petit air de Paracas, curieux, c'est pas tout près...
ou bien franchement quelque chose qui ressemble à de la BD
et ici, on peut très bien admirer des courbes féminines.

Ces tissus exposés sont des tissus coptes.
Les Coptes en schématisant un peu sont les convertis-chrétiens de la vallée du Nil.
Les vêtements ornés et conservés sont sans doute - on peut le supposer - des vêtements sacerdotaux. J'ai été enfant de chœur et je dois avouer que j'ai une certaine difficulté à imaginer la chasuble derrière laquelle j'étais agenouillé décorée de la silhouette de Pamela Anderson.
Je ne dis pas qu'on aurait pas aimé, je dis que j'ai difficile de l'imaginer...
On ne choisi pas la fenêtre de l'histoire dans laquelle on vit. On vit dedans, point, et la nôtre n'est pas si mal. Pour nous du moins.

Nous étions à Mariemont, il faisait beau... alors une petite promenade dans le superbe parc
un groupe spectaculaire de séquoias
une curieuse centaurée blanche
et un massif qui a l'air quelconque

détrompez vous... il y a trois ans, un jardinier occupé à l'élagage de ce massif m'a donné un tronçon de branche. J'avais oublié le nom de l’arbuste, mais pas son emplacement. Alors je me suis informé, c'est du Kalmia, on en reparlera.

een bezoek aan een Koptisch textiel tentoonstelling in Mariemont

visit of an exhibition of Coptic fabrics in Mariemont

Besuch einer Ausstellung koptischer Stoffe in Mariemont

Visita de una exposición de tejidos coptos en Mariemont.