lundi 26 août 2019

Paulownia

Nous allons prendre la route, nous ne passerons pas par Cahors pour déguster un confit face au pont Valentré. Nous agissons donc en conséquence
je dois un peu commenter cette photo : on y trouve le confit comme prévu, une tomate genre provençale et des pommes de terre à la graisse d'oie. Les cèpes qu'on identifie aussi sont en deux groupes, pourquoi ?
Hier nous avons lancé une reconnaissance dans la forêt, il faisait chaud, il a un peu plu il y a quelques jours et samedi, nous en avons mangé "au bon vieux temps"
Nous sommes rentrés avec 640 grammes de très beaux cèpes et nous avons donc décidé ce confit. Déception au nettoyage ce matin, je n'ai encore jamais vu aussi véreux. Ils avaient une belle gueule, mais étaient totalement gâtés dedans... au contraire du choix de Simon de Monfort, dieu a reconnu les siens avant que de tous les tuer. C'est le petit tas, les quelques élus... les autres ont été appelés en urgence du congélateur où ils étaient en réserve depuis l'automne dernier.
Un dernier coup d’œil sur la table
et on va parler d'une rencontre fortuite de ce samedi.
Il est absent de nos forêts, mais comme bien d'autres, très commun en milieu urbain, je savais qu'il me serait possible d'en trouver.
Lors d'un passage dans le jardin botanique de Sedan j'ai vérifié si deux espèces que j'y sais présentes n'avaient pas subi d’élagage. il s'agit  d’ailante et d'érable de Montpellier.
Je ne pensais plus beaucoup à un groupe de paulownias lorsque j'ai remarqué de loin qu'ils étaient entourés par des barrières de protection ; motif, un coup de vent a cassé des branches et le principe de précaution hypertrophié a fait prendre cette mesure. Ces branches vont être détruites mais je n'ai pas ma scie japonaise, je fouille mes poches pour m'apercevoir que mon canif suisse manque lui aussi à l'appel... outre que c'est un cas passible de conseil de guerre, c'est triste aussi. Heureusement, il y a marché ce samedi, j'y cours pour constater que le marchand d'outils ne peut me proposer qu'une scie à araser les tenons... Je suis retourné au chantier que gardait Sabine, et c'est en cassant les branches que j'ai isolé une portion transportable avec toute la discrétion possible.
Heureusement c'est un bois qui n'est pas très solide, je me vois mal arriver à mes fins avec du cornouiller ou de l'if.
Voilà, j'en ai.

membre de la famille des Scrofulariacées tout comme le catalpa qu'on rencontrera un jour j'espère,
le Paulownia impérial Paulownia imperialis. S donne un bois léger de couleur jaune-brun,
 selon Venet :
il présente une zone initiale poreuse bien caractérisée. Pores assez gros dans la zone initiale diminuant légèrement vers la zone finale, avec des thylles abondants.
Les pores forment des groupuscules radiaux de 2 à 5 unités, enrobés de parenchyme dans le bois d'été, dessinant des alignements obliques, en festons ou en zigzag allant jusqu'à former des lignes tangentielles dans la partie externe de la zone finale

Les rayons ligneux sont fins, discontinus, au nombre de 25 à 50 par 5 mm. Ils sont peu aparents en section transversale à la loupe mais donnent en section radiale brute de fente de petites mailles visibles à l’œil nu.
Les rayons ligneux sont un peu moins nombreux et moins fins chez Paulownia que chez Catalpa, le parenchyme est plus abondant chez Paulownia et le bois est généralement plus poreux et plus tendre.

à la lumière de l'échantillon que j'ai tourné, on retrouve un peu ce qui est décrit par Venet.
Je vais essayer de peaufiner l'observation possible :
 - La zone poreuse initiale est ici réduite, on compte au plus deux couches de larges vaisseaux avec un environnement de parenchyme diffus.
- La zone suivante comporte des petits groupes de vaisseaux dont le diamètre décroit progressivement. Ces îlots sont entourés de parenchyme paratrachéal en disposition tangentielle et le tout donne l'impression d'être entouré de tissu fibreux (beige un peu plus foncé) Le cerne est marqué par la présence d'une couche de parenchyme apotrachéal ? qui englobe les premiers vaisseaux. Le cycle se terminant sur une majorité de cellules fibreuses
Les rayons ligneux paraissent en nombre moindre que noté mais leur lisibilité est perturbée par les traces du ponçage (pourtant poussé).

Aucun renseignement dans le Mathieu ni dans le Lieutaghi
Mais Beauverie vient à la rescousse et en 1905, il dit :
Le Paulownia imperialis Siebold et Zuccarini.
Cet arbre, bien connu chez nous où il sert à la décoration des parcs et des squares, croit disséminé dans les forêts de l'île de Niphon.
C'est un arbre de deuxième grandeur, mais qui peut atteindre en diamètre de très fortes dimensions.
Le fût est droit, la cime ample, formée de branches tortueuses.
Le bois de paulownia n'a guère d'équivalent chez nous pour la légèreté, qui égale presque celle du liège; cela ne l'empêche pas de rester tenace. Il est particulièrement apte à entrer dans la confection de boites légères, de malles, de petits meubles comme les étagères.

J'ai eu le grand plaisir de trouver des renseignements au sujet de cette essence sur le site "THE WOOD DATA BASE"
le poids spécifique renseigné est de 0,280. C'est vrai, ce bois est léger.
l'illustration de la coupe transversale est beaucoup plus parlante que la mienne, mais on y retrouve la description.

dimanche 18 août 2019

Le mythe de la caverne

Certains diront la parabole...
dans ma jeunesse, c'était le mythe... on garde le mythe.
Grosse différence, dans ce cas, dehors sont les copeaux, c'est ce qui est dedans qui est ignoré.
Nous n'allons pas ergoter, j'écrivais que j'avais à disposition une billette de cerisier qui allait sans doute me permettre de tourner une pièce selon les prévisions.
J'avais cette billette, mais absolument inadéquate. Alors, j'ai pensé à autre chose, mais voilà, lors du creusage, la complexité de cette caverne en question m'a amené à tirer ces photos
 et à remettre à plus tard une décision finale. Enfin, un projet de décision finale.
Je pensais faire un creusage au travers la cavité installée par l'âge dans ce tronc de cerisier. Le phénomène est plus fréquent chez les pruniers et les pommiers.
La situation de ce creux et son développement ne m'ont pas permis ce travail. J'avais en seconde intention l'idée d'une coupe "aérée" par deux pertuis. J'avais commencé le travail dans ce sens...
Mais... comme bien souvent, l'aspect que prenait ce chaos, et les photos de la caverne au cours du travail, tout cela a fait naître une troisième solution.

La fragilité était acquise en même temps que germait l'idée. Résultat, certains éléments se sont trouvés imponçables avant que d'être pensés. On fera avec.
L'objet se finalisant, éclatait l'idée d'un titre... je voyais un trajet traversant.
Pas difficile, ça saute aux yeux... chtak !
mais ne soyons pas trop sinistre et remettons les choses à l'endroit




mardi 13 août 2019

Au fil de l'eau...

nous commencerons par suivre le fil. C'est plus qu'un jeu de mots, c'est la réalité.

Pour marquer ce jour, le 7 août, nous avons rejoint une destination depuis longtemps envisagée : Fontenoy-le-Château.
C'est dans la Vôge, une région située en gros entre Épinal et Vesoul, ce sont les confins sud-ouest des Hautes-Vosges, l'eau y coule vers la Méditerranée par l'entremise de la Saône.
Nous y avions déjà marqué un court arrêt en 1998, c'est ainsi que nous savions y trouver un musée de la broderie.
J'ai dit : entre Épinal et Vesoul, c'est donc par Épinal, ville encore quasi inconnue par nous que le périple va débuter. Il pleuvait des cordes, aussi, nous n'avons pas exposé d'appareils photo au déluge, et c'est avec une image extraite de la toile que nous aborderons brièvement la basilique Saint Maurice
ne vous fiez pas aux ogives, en gros c'est du Roman solidement campé.
C'est juste en face que nous avons pris des forces au restaurant "In Extremis" (c'est son nom)
on se lave les mains !
et on peut suivre le fil...
on notera que la broderie est réalisée à une échelle proto-industrielle mais les brodeuses travaillent à leur domicile. Un peu comme la filière coutellerie pratiquait à Thiers et ses environs ou l'armurerie à Liège










Dans le village, on trouve les traces d'un passé.........


Fontenoy-le-Château est traversé par le canal de l'Est, rebaptisé ici canal des Vosges.
certaines des maisons qui bordent le canal , sans être des hôtels particuliers, loin de là, sont quand même presque blasonnées
et c'est ce canal qui, demain, de fil en aiguille va nous conduire au bord de l'eau
depuis la "rue au bord de l'eau" photographiée hier, le canal monte vers Épinal et pour cela il doit passer une tranchée
pour permettre aux habitants de hameaux de rejoindre un moulin, on leur a construit une passerelle
un coude à 90 ° et on longe la manufacture royale de ferblanterie
un peu plus loin on peut passer sur l'autre rive et nous essayons de rejoindre cette manufacture en "tous terrains"
peine perdue, le Coney, la rivière qui longe et alimente le canal nous fait obstacle. Mais on en reparlera tout à l'heure. Après la rencontre d'un nid avorté ou en cours, va savoir
il est temps de rejoindre Fontenoy, de nous alimenter, de revoir une sympathique brodeuse 
et de décider une visite à la manufacture que nous avons découverte.
en voiture et par l'autre bord...

c'est en réalité un peu à l'abandon, les locaux qui abritaient la fabrication sont occupés par un ensemble hétéroclite d'objets, de machines, d'affiches qui sont en attente d'un rangement dans un écomusée tournant autour de la ferblanterie.
J'ai noté :
une machine pour fabriquer les clous à partir d'un fil d'acier
dont nous avions trouvé un explicatif hier au musée de Fontenoy.
La photographie qui suit montre bien l'arbre qui rapproche ou écarte les cames à galets du schéma (à la gauche de l'explication)


il y a des tas d'autres trucs, mais en voici un qui m'intéresse particulièrement.
Je suis certain qu'il vient d'ailleurs, car il n'y avait pas de fonderie ici.
Si ce n'est pas franchement un tour de modeleur, son poids et son gabarit autorisent son utilisation comme tel.

un dernier regard sur le site avec un atelier à shed longé par le canal de sortie des eaux du bief, et nous reprendrons la route du Nord.

samedi 10 août 2019

Damas et verre

Encore que, c'est plutôt le verre qui justifie cette exposition qui se tient dans l'ancien casino de Dinant.

Les passeurs de lumière... le titre est bien dans la couleur :-) des propos déjà entendus lors d'interviews de Bernard Tirtiaux l'un des deux protagonistes de cette belle exposition.
Passionné par le vitrail, on en trouve fatalement un, ouvert sur la grisaille de la rue qui est sous un déluge rare...
mais le vitrail ne sera pas vraiment le fil conducteur,
on y trouvera surtout des empilements de plaques de verre dont le décalage crée le jeu de lumière


on pourra même trouver une pièce inspirée de la vague d'Hokusai ce qui introduit la suite....

Grzegorz Gurgul, le second acteur, lui, va nous conduire sur les chemins du damas
car, ses disques en verre colorés aux sels de métaux précieux, sont présentés sur socle en damas


et cela ne fait il pas penser au Mokume ou au Itame du grain des lames japonaises ?
Ici, l'effet est donné par les métaux différents soudés dans la trousse. C'est très bien expliqué dans le site auquel le lien renvoie.
Pour les lames, cet effet est du au mille-feuille créé lors des plis et replis de l'acier. Au fond, un peu comme le damas, mais avec une seule nuance d'acier.
Alors, là, on quitte le verre et on admire les lames



au fond, on est un peu dans la continuité de la page précésente ?