jeudi 11 août 2016

Anabois 5, drôles de familles

les Oléacées.
Il s'agit d'une vaste famille dont plusieurs bois sont disponibles et même très disponibles.
Comme prévu dans le nom de famille nous allons y trouver l'olivier, mais pour d'autres, c'est la surprise. Enfin, moi j'ai été surpris.
En conséquence, les bois pourront être très différents

l'olivier  Olea europaea

les zones d'accroissement sont peu apparentes et perturbées par des veines brunâtres indépendantes des cernes.
 Ici il s'agit d'une petite branche d’élagage ramassée au bord d'une route de l'Alentejo, le bois n'a pas encore développé ses caractéristiques.
Les pores (vaisseaux) sont excessivement fins en petits groupuscules en point ou radiaux et enrobés de parenchyme avec parfois des amorces d'alignements obliques, en arc de cercle ou tangentiels.
Rayons ligneux très fins tout juste perceptibles
De couleur brun clair veiné aléatoirement de foncé, le bois est homogène, lourd et dur. Il se travaille très bien au tour en dégageant une agréable odeur de futaille (on a un peu l'impression d'entrer dans une cave de vigneron)
Comme beaucoup d'autres bois denses et durs il a une fâcheuse tendance à se fissurer.

et son cousin surprenant...bois très disponible pour tout un chacun
le frêne  Fraxinus excelsior

On ne le présentera pas trop longuement, c'est un des bois les plus connus et reconnus
Les zones poreuses initiales  particulièrement apparentes  rendent évidents les cernes annuels. Dans la zone finale les vaisseaux sont moins nombreux et forment des groupuscules arrondis noyés dans le tissu fibreux
Les rayons ligneux assez fins sont nombreux de couleur plus claire que le reste des tissus
La densité (le poids spécifique donc souvent aussi la dureté) dépend de l'endroit où l'arbre s'est développé.
Mais elle n'est pas obligatoirement en relation avec la dimension des cernes
Nous n'aborderons pas les propriétés mécaniques du frêne, comme bien souvent, les espèces d'origine méridionale ont des caractéristiques supérieures : la ZIP est plus réduite, les rayons sont moins fins, les groupes de vaisseaux dans le bois d'été sont plus tangentiels ; est ce du au sol plus difficile ?

rien à voir avec la chalarose, du moins je crois et j'espère, mais un individu qui vit un peu plus bas que chez moi (Ardennes alt 295) présente des inclusions de matière semblables à de l'écorce.
 La réaction autour de ces inclusions serait à mettre au compte de la réactivité de l'aubier vivant ainsi que cela se passe dans le cas d'une attaque par térébrant ou accidentelle (plombs de chasse) ?

le lilas  Syringa vulgaris

ainsi que le fait remarquer Venet, l'intérêt pratique de ce bois est médiocre
Il existe une analogie entre ce bois et celui de l'olivier : même homogénéité, mêmes veines ici brun-violacées
vaisseaux et rayons à peine perceptibles
densité et dureté un rien inférieures à l'olivier (Venet)
Je trouve que le lilas est très dur mais agréable au tour, il a une fâcheuse tendance aux fentes et comme son fil est tors, la bûchette est alors totalement perdue.

le troene  Ligustrum vulgare

les accroissements annuels sont parfois légèrement soulignés par une zone poreuse discrète

Les vaisseaux assez fins dans le reste du cerne forment de très petits groupuscules enrobés de parenchyme avec les mêmes amorces d'alignements que chez le frêne
Les rayons ligneux extrêmement fins sont de couleur claire.
Comme chez le frêne les fibres ont parfois un lumen assez large pour être discernable (Venet)

et un original qu'on trouvera difficilement parmi les bois d'oeuvre
le forsythia Forsythia vahl,
dont la présence ici est due à sa disponibilité dans mon jardin (je devais faire un peu de nettoyage) et au fait qu'il appartient à la famille des Oléacées. Comme le lilas autre incongru et donc en principe parmi des bois en général lourds et durs.
Aucun renseignement "officiel" alors j'ai fait une petite estimation avec une marge d'erreur inévitable et j'ai une densité de 0.976 frais.
Le bois est raisonnablement dur au tranchant du couteau (bien moins que cotonéaster noté précédemment) un peu comme un fruitier normal.

Reste maintenant à écrire quelque chose au sujet de son aspect :
Les pores excessivement fins sont enrobé (sans doute par groupes) de parenchyme et dessinent une zone initiale nettement définie. Les "paquets" s'espacent ensuite en alignements orientés par les rayons ligneux
Ces rayons ligneux sont identifiables mais très fins (ne pas confondre avec les traces laissées par le ponçage)et donnent un aspect légèrement hachuré.
En fin de cerne on observe une augmentation notable des plages fibreuses qui finissent par créer un halo plus sombre au bord du cerne. Halo qui contraste avec le départ végétatif du cerne suivant.
En fait comme pour d'autres Oléacées (lilas...), il faudrait une coupe de meilleure qualité pour mieux voir les caractères.

le filaire Phyllirea angustifolia
je ne dispose pas de ce bois pour le moment, mais dans l'avenir peut être ?
édit le 14 septembre :
je ne pensais pas en disposer si facilement. En réalité cet arbuste est plus que commun au pourtour méditerranéen, commensal du chêne vert, voisin et sosie de l'olivier dont la couleur du feuillage et les fruits le différencient (entre autres)
 Venet en écrit :
Il s'agit d'un bois extrêmement lourd, très dur, très nerveux, très difficile à travailler, de couleur brun foncé, panaché de brun noir (l'aubier étant jaunâtre).
L'aspect de ce bois en section transversale est très curieux. Les vaisseaux du bois d'été dessinent des plages radiales, coudées, flexueuses, de largeurs variables, se ramifiant parfois en Y ou en V, ressemblant à un dessin de tapisserie.
L'origine du cerne est marquée par une très fine zone semi poreuse.
Les pores sont imperceptibles et impossibles à dénombrer.
Les rayons ligneux sont également très fins mais perceptibles à la loupe grâce à leur couleur ocre clair qui tranche sur le fond brun foncé des autres tissus.
Ce bois ressemble beaucoup à celui du nerprun alaterne (mais dont la couleur est brun chocolat)

Venet fait bien de souligner cette ressemblance car à la lecture de son texte j'étais extrêmement troublé... j'ai aussi ramené du nerprun, bien identifié par ses feuilles (alternes) et ses fruits . La petite bague décorative du dé est d'ailleurs tournée dans ce bois.

au sujet du bois, Lieutaghi écrit :
Le bois est très lourd, très dur, homogène. Blanc jaunâtre, parfois brunâtre au centre chez les pieds âgés qui seuls pourraient être de quelqu' usage. On l'a parfois utilisé en charronnage.
Selon Mathieu, il a l'inconvénient d'éclater comme du verre sous l'outil du tourneur. Je n'ai pas rencontré une fragilité telle, mais ce bois est de fait à traiter avec prudence, c'était un petit tronc riche en départs de nœuds qui était déjà séché sur pied et donc très sec. L'arbre est bien identifié et pourtant les caractères décrits ne sont pas toujours évidents...
c'est un bon combustible, son charbon est de première qualité.

Mais, quatre (cinq) bois pour un chapitre 5 ça ferait pauvre...

alors on va visiter une petite famille qui a tout d'une famille recomposée. Et pourtant...
les Ulmacées,
le micocoulier Celtis sp, ah, il n'est pas d'ici celui là.
C'est un méridional récolté sur le bas côté de la 86. Perdu dans la saleté d'un talus de parking, il est trop petit pour jouer hors cœur. alors on emballe cœur...
Bois hétérogène à Zone Initiale Poreuse bien marquée (souvent large de 3 à 6 couches de pores de fort diamètre)
on ne contredira pas Venet sauf que pour le fort diamètre on a vu mieux. Mais mon échantillon est jeune et réduit.
Rayons ligneux nettement visibles, petites mailles grises nacrées en coupe radiale
dommage, pas de cœur, pas de vue radiale.
Vaisseaux du bois d'été d'abord anarchiques s'orientant ensuite en bandes tangentielles...présence de thylles dans le bois parfait. Les bandes tangentielles ici ne sont pas évidentes
Couleur grisâtre. On est bien d'accord.
J'ajouterai que lors du prélèvement j'ai trouvé que la couche sous écorce (cambium ?) avait un caractère collant.
Pour le reste c'est le seul morceau que je possède.

Ceci écrit lors de la première rédaction. Maintenant en possession d'un échantillon certifié, nous allons pouvoir comparer




  l'orme  Ulmus campestris ,
il est d'ici, mais ce n'est pas facile d'en trouver car la graphiose l'a exterminé.
Bois hétérogène à Zone Initiale Poreuse bien apparente...rayons ligneux très fins
présence de thylles dans les vaisseaux de la ZIP formée de 2 à 3 couches
Vaisseaux du bois d'été abondants, petits, soulignés de parenchyme et formant des lignes obliques discontinues au départ et devenant des auréoles tangentielles à peu près continues vers le bord externe du cerne.
Rayons ligneux très fins, peu apparents (on voit quand même très bien le hachurage)
Duramen de couleur distincte. Bois final plus riche en fibres (ou cellules fibreuses à parois plus épaisse)
Pour ce qui est des qualités du bois d'orme, son fil enchevêtré l'a désigné pour le charronnage, la charpente et certaines menuiseries
J'ai très peu touché l'orme et je ne peux en dire plus que j'ai lu (comme pour le micocoulier)

anatomy of the wood 5
with this page, I review the thimbles turned from wood in the family Oleaceae (olive, ash, lilac and privet)
then the Ulmaceae (hackberry and elm)

anatomía de la madera 5
con esta página, se revisan los dedales yo apartó de la madera en la familia Oleaceae (olivo, fresno,lila y privada)
que el Ulmaceae (almecina y el olmo)

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