dimanche 23 juin 2013

Retour d'un périple dans le Sud.


On va essayer de mettre les souvenirs en ordre. Je ne sais si cela se pourra en une rafale. On verra...
Mercredi 12 juin, on prend la route. Passage picnic au lavoir de Yrouerre


Point de chute: Chalon
S'il ne faut garder qu'une image, ce sera celle d'un iris, comme partout, la végétation est en retard et c'est un peu comme si nous étions partis en Mai.
Nous escamoterons le jeudi passé à Lyon par grande chaleur mais terminé sous un gros orage.
Le vendredi 14, par une belle journée, nous gagnons Nyons. En règle générale, ce ne sont pas les fleurs qu'on photographie chez l'olivier...
ni chez le grenadier

Samedi 15, le triomphe des petites routes pour découvrir le marché d'Uzès. Mais pas que le marché...il y 
a une bonne table et la surprise du mariage des Saint-Jacques et du chorizo
et après une fin de marché très dépouillée
toujours par petites routes, on rejoint Olargues

Nous avons projeté de poursuivre la découverte d'une ancienne ligne de chemin de fer reconvertie en voie verte. C'est ce que nous entamons le dimanche 16 après une petite exploration de la citadelle démantelée 
par Richelieu

Riche en éléments de génie civil cette ligne, nous roulons de tunnels en viaducs sans oublier les passerelles dont on ne saisit pas toujours bien la finalité

et la soirée nous la passons en altitude dans les restes de la citadelle

et le lundi 17 juin, sous un ciel encore clément (on nous promettait de l'orage et tout et tout...), 
nous découvrons la seconde partie (prévue)
Cette portion nous fera passer du bassin méditerranéen à l'atlantique et cela au moyen d'un tunnel de plus de 800 mètres.

Voila, nous avons déjà bien pédalé et nous sommes en bout de course en direction de Mazamet.
 A Labastide-Rouairoux, exactement au croisement par viaduc de la voie verte et de la nationale. Après la traversée d'un tunnel très venteux. On avait l'impression d'être un projectile dans le canon d'une arme à air comprimé (dans un sens ça va, mais dans l'autre...il faut gagner son passage)
Labastide était un centre textile...était, parce que maintenant c'est plutôt sinistré
Nous avons souvent passé par ici et Sabine y trouvait toujours de l’approvisionnement. Aujourd'hui, c'est portes closes...

Et le voici ce fameux tunnel dans lequel il fait bien froid, mais où heureusement l'éclairage fonctionne
sinon
lors du retour, une petite photo sur un haut viaduc. Nous sommes ici dans la canopée, aux côtés de fleurs de châtaigniers et dans les plus hautes branches d'un cèdre qui doit dépasser largement les 30 à 40 mètres
et le point final sur le versant méditerranéen, toujours sur un viaduc
C'est fou le travail qu'ont du effectuer les constructeurs de cette ligne, et sans le recours aux machines que nous avons maintenant.

Demain, nous prendrons la route du littoral
Demain, nous espérons que le beau temps durera.

dimanche 9 juin 2013

Illusiones ventana

Toujours l'inattendu arrive.
Un petit morceau de chêne qui a porté des espoirs (désespoir).
Une petite histoire de rien du tout, née de souche, à qui il n'a manqué que le fond...

Mais trêve de bavardages, je vais reprendre cela depuis le début:
Lors d'une ballade forcée, on procédait à l'entretien de la voiture, je me suis trouvé en présence d'un gros chêne culbuté au fond de la vallée d'une belle rivière. J'avais mon suisse en poche. Ce fut le baiser du prince à la belle endormie, j'avais un bout de bois qui venait de loin...
Ce bout de bois, ce très petit bout de chêne (faut pas prendre les couteaux suisses pour des tronçonneuses) est un éclat, une grosse écharde, qui s'est levé de la souche de l'arbre lorsque, pour une raison qui restera connue de lui seul, il a basculé. Il a du rester longtemps ainsi. L'homme à son habitude a du faire du feu dans le gîte ainsi créé. Les mousses l'ont pris d'assaut. J'ai prélevé...
Mais quoi faire avec un morceau aussi biscornu ?
Une de mes premières idées, c'était de créer une petite coupelle en laissant la majorité du site en l'état.
Je disposais de trois appuis et d'une surface relativement suffisante pour creuser la coupelle.
La surface convenait, l'épaisseur était tangente et de la tangente à la sécante...
Mais je m'y attendais un peu, donc je n'ai même pas été déçu.
Reste que ma coupelle est devenue par la force des choses un trou et que ce trou il va falloir lui trouver une existence.
Je vais avoir le temps d'y réfléchir, j'ai déjà quelques pistes.

Pour ce qui est de notre beau temps...
Huit jours...exactement. Je me disais bien que c'était beaucoup...
Aujourd'hui dimanche 9 juin, ciel crépusculaire, pisseux. Et maintenant il pleut. Beaucoup. Pas de la pluie d'orage à laquelle on pouvait s'attendre, non une pluie dense et froide. Une pluie de novembre.

samedi 8 juin 2013

Une semaine qu'il fait beau...qu'on peut mettre le nez dehors et même y manger.
C'est le samedi 1er juin que ça a commencé. Nous étions à Sedan pour nous fournir en bonnes choses et dans le parc où nous allions pour voir les paulownias en fleurs, nous avons rencontré d'étranges créatures.

et les paulownias dans tout ça ?
et pas que les paulownias, mais on ne peut pas se laisser aller à montrer toutes les photos.

C'est samedi que ça a commencé, et depuis le beau temps se maintient; Il faudra faire un peu de dégagement chez nous...
par contre, dans le terrain d'à côté qui est retourné à l'état sauvage, ce n'est pas de notre ressort...

j'en ai parlé à l'occasion du long enneigement que nous avons subi, le nourrissage des oiseaux a été important.
Mais sans doute qu'ils ont un peu gaspillé car nous retrouvons de ci de là des graines de tournesol qui germent. Et dans les endroits les plus improbables.
J'avais aussi parlé de cette glycine qui ne se décidait pas pour épanouir ses fleurs, c'est fait
mais qu'est ce que ça a paru long...

Et puisque tout fleuri, encore deux photos pour clôturer cette petite mise à jour.


jeudi 30 mai 2013

Morosité.


Il y a bien eu quelques heures ensoleillées, juste de quoi planter les plants de tomate et leur construire un abribus de fortune...en soirée de ce lundi 27 mai la pluie se réinstallait.
Après un mardi tout mouillé et froid, l'entretien de la voiture était prévu pour  le mercredi... deux heures à passer pendant le travail.
Bonheur, il pleuvinait pendant l'aller, mais j'ai pu faire un peu de marche le long de la Houille quasi sans une goutte.


Il m'a piqué la priorité...










malgré les averses, on essaye de semer comme on peut.
eaux vives, mousses et roches



sur cette petite plage il y a une trace d'ongulé et aussi celle d'un animal a griffes ...

Et le tournage pendant ce temps ?


à toujours se précipiter dans de nouvelles formes, dans des essais divers, je remarque qu'on approfondi rien
Que des pièces restent même en suspens, parce que on ne voit pas bien comment continuer...

Mais ces abandonnés peuvent parfois donner l'occasion d'une reprise.
Ainsi le bol tourteau qui attend depuis quatre années qu'on le termine 01.
C'était le premier essai de tournage multiaxes inspiré par le travail de Brendan Stemp (j'en ai entrepris un autre, mais là, il est en très mauvaise voie et je ne vois vraiment pas ce que je pourrais en sauver...)
J'étais satisfait de la forme générale au point d'en avoir fait la jaquette pour le DVD qui réunit les informations tournage sur bois. Ce qui n'empêche que sa base et son ponçage étaient toujours à terminer 
Lors de sa présentation sur forum, j'écrivais:
Ce n'est pas encore achevé parce que:
1/ difficile de décider quand on termine de poncer (là, je ne suis qu'à 240 et je suis occupé de construire des systèmes pour aller poncer dans les articulations de la bête 
-suppositoires sur lesquels je pense coller des pâquerettes d'abrasifs récupérées de disques qui usent toujours plus sur les bords qu'au centre-)
2/ la base n'est pas terminée. Je ne sais si je la laisse telle ou si je sculpte des pieds/pattes. Dix en principe mais quatre seraient mieux dans le cas présent, la bête reposerait sur quatre coins.
3/ je pense tourner un couvercle ce qui en ferait une boîte tourteau. Je texturerais le bord de la carapace et lui ferais quatre yeux...des petites antennes ? Sais pas.

Je reprends donc la bête en main (plus question de la mettre au tour ce serait aléatoire et compliqué)
...et j'ai droit au jugement de Mon Critique:
Les pattes/pinces sont trop épaisses: c'est vrai et je l'ai remarqué, mais c'était sur le tour que je pouvais affiner leur calibre, c'est trop tard et on devra y penser pour un prochain...
En attendant, j'ai opté pour quatre pattes de façon à alléger la base. C'est du travail à la main, grosse fraise à picots suivie de la mise en forme avec  les bent knives de North Bay Forge, des outils d'emploi très souple
un peu de mini râpe et papier abrasif et voilà...02
de ce fait, la face arrière qui n'était pas géniale (je ne l'avais d'ailleurs pas photographiée pour les forums) prend aussi un air agressif avec pinces.
il reste encore un peu de ponçage et une ou deux couches d'huile danoise pour aviver la teinte et je pourrai la considérer comme terminée.

dimanche 26 mai 2013

Saint Leu

Vendredi 24 mai, petite escapade à Paris (pour s'instruire)
Aujourd'hui, nous allons visiter une exposition au sujet des "indiennes" qui se tient au musée de la toile de Jouy à Jouy-en-Josas .
Assez rapidement on se rend compte que la journée ne sera pas délicieuse, et nous ne nous trompons pas, il va pleuvoir à verse la journée durant.


Le soir on trouve un resto italien, on y mange bien mais lourd la nuit ne sera pas facile.

Le samedi 25 mai, grâce au Duplex (un tunnel sur la 86) nous passons facilement et rapidement du sud au nord de Paris pour joindre Saint-Leu-la-Forêt où se tient la 25ème édition du festival artistique Tout Feu Tout Flamme.
Nous savons que John y fait des démonstrations de tournage, mais il y aura beaucoup d'autres choses aussi.
Il faut noter que la journée est ensoleillée, ce qui est bienvenu !
On voit ainsi de plus près les bols cordé de Yann Marot
Les ajourages de Claudine Thiellet
Des nouveautés de Sébastien Panis

Et il n'y a pas que du tournage bien entendu, restons dans le bois avec Jean Claude Bischoff

Bonheur, je retrouve les compositions avec du verre de Julie Gonce, j'avais vu une pièce à Colmar, j'avais consulté son site, mais ici je peux mettre le nez sur sa pièce avec mousses sur bûche
certaines céramiques dont je n'ai malheureusement pas noté l'auteure

Des rencontres avec des gens d'autres horizons, ainsi, Sabine a pu parler machine Cornely avec une brodeuse qui en possède une, nous avons vu des tas de belles choses et entre autres, chez Pascal Geoffroy, un potier qui s'est spécialisé en Shino. Je n'ai pas hésité une seconde et Sabine m'a offert une boîte à thé superbe.
 Il n'y aura jamais de thé dedans, mais j'ai une céramique Shino. Un rêve caressé longtemps...

lundi 13 mai 2013

Ruine

Nous payons, parfois cher, le droit d'entrer dans des monuments antiques dont ne reste qu'un squelette.
Ce squelette atteste que là, des hommes ont bâti et que au travers le temps ce témoignage nous est resté.
Le bois, ce bois n'est il pas un peu aussi un témoin. Témoin qu'il y a de nombreuses années, une cenelle d'aubépine a été prélevée par un oiseau. Mettons, un merle. Que ce merle a apprécié ce fruit, que satisfait, il s'est posé un moment.
Là où est cette haie vive.
Là où bien plus tard je me suis trouvé dans l'obligation de couper cet arbre.
Que, entre temps un insecte, une secte d'insectes, trouvant cet arbre suffisamment affaibli, par les années, par les aléas, ont trouvé opportun d'y pondre leur descendance. Que laborieuses, les larves issues de cette ponte y ont accompli leur oeuvre en trois dimensions. Que même, des générations se sont succédées dans cette besogne pour en finale transformer ce crataegus en cadavre debout...
Et c'est là que j'interviens, tourneur fossoyeur...disons plus à propos tourneur embaumeur.
Et c'est cette histoire que je vais raconter.


Est ce dû à une vidéo que j'ai regardée sur youtube...mon épouse prétendra que oui.
En réalité j'y pensais depuis longtemps. Enfin, depuis quelques temps.
Donc ce n'est pas cette vidéo montrant le démontage d'un séquoia de soixante mètres qui m'a influencé, non, j'avais déjà remarqué que cette aubépine montée en arbre n'était plus en bonne santé. Mais cet hiver j'avais vu les trous des vers, je savais que certaines branches étaient sèches. Mais par acquit de conscience, j'ai attendu les bourgeons pour être certain.
Et certain, je l'ai été. Tout l'arbre était mort sur pied.
Alors le dimanche 5 mai, on l'a démonté, seule chose faisable au milieu de toute cette végétation (qui fait mon plaisir) 01

J'ai donc maintenant un certain stock d'aubépine, attention aux méchantes petites épines trapues qui peuvent rester à même le tronc.02
Une partie est pas mal squattée par des vers mais l'autre est saine, elle en a l'air du moins et la sève ne montait plus. Mais attention, il faudra être prudent car un tronçon exposé au soleil présentait des fissures après un jour. Donc les plus précieux morceaux sont en cave et il faudra les surveiller.
Le reste me fait un bon bois de feu paraît il, enfin, il n'y en a pas des masses.

Donc, ainsi que prévu, j'ai prélevé un tronçon avec pas mal de traces. Entre pointes j'ai commencé à le cylindrer 03 découvrant quelques copropriétaires qui ont du subir la loi du plus fort 04
et j'ai rapidement compris qu'il ne sera pas possible de compter sur ce bois pour une prise mandrin. 
Puisque j'ai de la matière sous la main, j'ai collé un martyr qui est plutôt un manchon dans lequel le bois suspect rentre profondément et j'ai profilé ça pour une prise en compression 05 et 06
Du côté où je vais creuser, j'ai aussi collé un anneau en bois sain d'aubépine de façon à ménager un bord correct qui ne s’effrite pas...07
Et pour le creusage deux garanties valant mieux qu'une seule, j'ai entouré la portion qui me paraît la plus fragile avec de la bande adhésive. 08
Voilà, le creusage est considéré comme terminé, on ne reviendra pas sur ça. on n'a d'ailleurs pas intérêt 09

Mais où ai-je donc mis les pieds ? Plus ça va moins je vois comment je vais m'en sortir.
J'ai commencé à enlever les déjections de vers qui colmatent les trous 10 (il faut bien si je veux de la dentelle) et sur un des côtés les portions de bois qui restent entre les trous des vers ne sont pas en presqu'îles...non, ce sont des îles ! 
Il faut donc bien qu'à certains endroits je fasse des ponts en époxy...et dire que je vais devoir remettre ça au tour !
l'époxy a été placée en utilisant un coffrage moulé en plasticine ce qui donne une jonction avec le col 11

Il ne faudra pas trop jouer avec des masses d'époxy, parce que esthétiquement, ce n' est pas trop esthétique. 
Mieux vaut des vides, mais là il n'y avait pas le choix. on va maintenant devoir rectifier ça sur le tour. Pour sécuriser avec un appui sur contre pointe (sans serrer surtout...) j'ai tourné une empreinte que je fixe sur ma pointe Nova® et en y allant délicatement 12
Bon, jusqu'ici il n'y a pas encore eu de drame et voilà où j'en suis le jeudi 9 mai au soir
Journée du vendredi, lente progression (sans doute vers le désastre) renforcement systématique par l'intérieur si possible des morceaux qui autrement se désolidariseraient.

Mais, voilà que le renfort d'Epoxy, cette consolidation soigneusement rectifiée, fait tache. 
Elle fait tache de par sa netteté, ce qui n'a pas échappé aux yeux de mon épouse. Donc, après en avoir discuté...
Le samedi 11 mai,après avoir fait un petit essai; je me sens obligé de refaire un travail de larve qui s'intégrera mieux dans le contexte de cette ruine. J'ai donc recreusé à l'identique sur une petite profondeur. J'ai réduit des morceaux de conglomérats laissés par les vers en fine poussière. J'ai tapissé le fond de mes "galeries" avec de l'époxy liquide et j'ai généreusement saupoudré avec la poussière d'origine...13
J'ai ensuite continué sur la dangereuse piste de la désobstruction consolidation pour me décider en fin du compte à couper le cordon et terminer le fond sur un montage dédié 14.
Je ne vois qu'un titre qui convient: Ruine
le problème maintenant sera de lui trouver un "socle" qui convient.Dans cette attente, je l'ai provisoirement posé sur un trépied en lames de verre qui appartient à une autre pièce.
 ce travail,  comme beaucoup d'autres adresse à la notion de  無常 l'impermanence, la fragilité obligée de toutes choses.
L'inachevé en voie de dissolution.