lundi 6 novembre 2017

Cendrillon n'a plus vingt ans...

ça, c'était prévisible, après les histoires de marteau de cordonnier...

Le travail a commencé un peu (beaucoup) à l'aveuglette et c'est en voyant se dessiner le volume utilisable que l'idée de l'objet est venue avec un titre qui s'imposait ; si du moins cela aboutissait.
La voici donc. Outrage des ans, mauvais traitements,

Cendrillon n'a plus vingt ans
son escarpin sur le tard,
une drôle de grolle,
surprend le Prince Charmant
qui, rapplique comme un tocard,
considère sa guibolle.

C'est pas le pied se dit Charmant
elle se shoote. Mais les étoiles,
ça c'est triste et désarmant,
c'est tout juste bon pour la toile

... il convient cependant que chacun prenne ses responsabilités : il y a certes un brin de laisser-aller chez Cendrillon. Mais quand on regarde la godasse, on ne peut pas s’empêcher de penser que le salopard qui lui a fabriqué ça porte une lourde responsabilité... une très lourde responsabilité !


PRO SUTORE
NE SUPRA CREPIDAM SUTOR...
... une fois de plus, c'est un bout de branche plus qu'improbable d'un très vieux cerisier qui va commander à cette pièce
Je n'ai aucune photo de ce que c'était, c'est dommage.
C'était atroce.
Dans une vie antérieure, c'était un moignon, coupé il y a fort longtemps. Ce moignon était resté moignon, essayant seulement de cacher son infirmité par une cicatrisation périphérique qui a bien failli aboutir.
Une chirurgie plus lourde et plus "radicale" m'en a rendu seul propriétaire. Il fut creusé.
profilé (si on peut dire ainsi...)
talonné (toujours un verbe libre)

offert... et minuit survint !

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et pendant que nous sommes dans le(s) bois, je vais glisser un petit complément à la série Anabois. Ce ne sera sans doute pas le dernier, mais cette façon de procéder me permet de compléter plus aisément le PDF dans lequel je regroupe toutes les essences rencontrées au cours de cette aventure.
Parmi les Moracées, se trouve une essence peu commune par ici, au point que je la pensais totalement exotique. Non je la trouve dans la littérature, mais celle qui a servi à tourner le dé a été achetée et est vraisemblablement d'origine nord-américaine.
Oranger des Osages - Osage Orange - Maclura pomifera
Arbre importé vers 1827, subspontané dans certaines stations en France 10-12 m ; spontané dans l'est des États-Unis 20 m.
Rien à voir avec l'oranger, les rameaux sont épineux (tiens tiens...)  je le trouve chez Lieutaghi :
Le bois est jaunâtre, lourd, dur, fort, flexible, durable.
Employé aux E.U. à l'égal du robinier, il sert en charronnage, pour des traverses et des piquets.
C'était un bois d'élection des Indiens pour leurs arcs. On tire du bois et des fruits une teinture jaune utilisée par la tribu des Osages (d'où le nom) Il mériterait plus d'attention, il est même rustique sous le climat de Paris.
Beauverie le cite  en page 1159 du tome II sans apporter plus de détails
Pour ces détails je me tourne vers wood-database : Zone initiale poreuse, avec des pores assez larges, pores plus étroits dans le bois tardif groupés en petits paquets et en bandes tangentielles ;  très abondantes thylloses ; anneaux de croissance bien distincts ; rayons ligneux étroits à moyens visibles à l'oeil nu ; parenchyme vasicentrique, en losange et en Y
P.S.. 0,855
Utilisé en archerie (outre Atlantique, il est d'ailleurs aussi appelé "bois d'arc"), instruments de musique, tournage et autres petits objets spéciaux.
Les copeaux trempés dans de l'eau lui donnent une teinte jaune utilisable.
Le bois a un haut pouvoir calorifique mais toujours comme le robinier il a tendance à éclater au feu.

Le robinier est une légumineuse papillonoïde (avec laburnum, sophora, genêts, ajonc) on retrouve aussi dans les légumineuses caesalpinoïdes les féviers, les chicots (que je ne possède pas, mais j'espère) et les légumineuses mimosoïdes, acacia, mimosa (pareil)
Je fais ce parallèle parce que il s'agit pour toutes ces essences, de bois lourds, durs, pas toujours résistants aux agressions, et bien souvent utilisés en archerie.

dimanche 5 novembre 2017

Tableaux d'une exposition - RMM

RMM n'est pas l'abréviation de Rétrospective Modeste Moussorgski, mais bien Rail Miniature Mosan

Une belle occasion de faire le point sur l'état d'avancement du viaduc parmi d'autres choses.
Ces 4 et 5 novembre s'est tenue l'exposition bisannuelle du club de modélisme RMM
Le vernissage (c'est le terme consacré) s'est déroulé le vendredi 3, et comme tout événement qui se respecte, ça a débuté par une catastrophe.
Lors des manœuvres afin de récupérer un pied de module sur le réseau déjà monté et en place, les rails ont fait un "tout droit au ciel" au niveau de la jonction de deux modules.
Lorsque on sait qu'au cours de cette exposition il y avait un concours de dioramas représentant des accidents ferroviaires, nous étions placés gagnants avec le thème : sabotage par la résistance sur l'Athus-Meuse...
Keep cool man, très peu s'en sont rendu compte. Didier, marteau à la main a redressé la situation.
Un petit quart d'heure plus tard les convois pouvaient passer. Qui dit mieux ?
Un bref survol général avec mes excuses pour les oublis

sans oublier les ateliers dont voici deux exemples
avec une mention pour ce fabuleux travail d'un membre de N 160 Antwerpen, c'est une vue rapprochée d'un pont Vierendeel réalisé en plasticarte à l'échelle 1/160.
Il faut la photographie et l'agrandissement pour juger des rivets !
L'espace rendu disponible par cette exposition nous a permis de développer les trois nouveaux modules qui progressent lentement (mais qui progressent)
Le temps, et la réunion des bonnes volontés sinon de tous les moyens techniques nous a permis de faire avancer le boulot.
La conjonction de tout ça nous a également permis de créer sinon un événement, du moins une belle petite animation : les spectateurs ayant accès au chantier.

intervention sur le terrain afin de faciliter la mise en place d'un élément de maçonnerie...
et peinture en coulisses

et pendant le temps que met la colle à se polymériser on peut "jouer au petit train"
et nous terminerons sur ce passage à toute vitesse (c'est relatif) de notre Baygon Vert en fait nous le nommons Bôwagonvert qui porte (portait) les légumes et les fruits en primeur des vallons de la Gaume aux marchés de Bruxelles.
C'était au temps où Bruxelles rêvait...
maintenant il y a la 411, ses trous et ses bouchons, avec ses beaux camions verts eux...

Some pictures of the bi-annual exhibition of the RMM Model Railway Club
It was a great opportunity to make some progress on the viaduct construction.
Some N scale traffic photos.

Algunas fotos de la exhibición bianual del RMM Model Railway Club
Fue una gran oportunidad para avanzar en la construcción del viaducto.
Algunas fotos de tráfico de N escala.

jeudi 26 octobre 2017

le marteau de cordonnier

curieusement trouvé dans la partie brocante d'un point de vente de tissu des Vosges.

C'est en entrant dans l'agglomération du Thillot que nous avons vu le panneau indiquant la vente de tissu. Nous avons besoin de regarnir notre stock d'essuies de vaisselle en coton, nous sommes curieux, donc nous avons garé la voiture et nous avons été voir. J'en ai parlé dans l'intervention précédente.
Parmi les étals de tissus, regroupés dans un bel atelier assez vaste, haut de toiture et qui comporte un pont, il y avait une sorte de "vide grenier". Je ne peux pas m'empêcher de fouiller là dedans, j'ai trouvé une caisse avec quelques outils, surtout des marteaux rivoirs. Mais il y en avait un qui ne me paraissait pas à sa place, coudé comme un marteau de cordonnier, mais avec deux pannes... j'ai imaginé que ce devait être en rapport avec le cuir car il y avait aussi un pied de cordonnier... pour moi, ce genre d'outil devait servir à battre du cuir car son œil ne permet pas de l'emmancher costaud pour porter des frappes violentes.
J'ai chassé le bout de bois qui occupait cet œil et j'ai confectionné un manche à partir d'un tronçon d'aubépine encore un peu vert.
J'ai donné à ce manche le format que j'imaginais en fonction de l'inclinaison des pannes, c'est-à-dire pas trop long pour que le mouvement de poignet porte la surface frappante à plat sur l'ouvrage.
Comparons avec l'autre marteau de cordonnier déjà en ma possession
Conjointement à la fabrication de ce manche, j'ai cherché des informations. Et j'ai rapidement trouvé, je n'étais pas loin de la vérité
Pourquoi des pannes convexes élargies ? vraisemblablement pour ne pas marquer le cuir avec un coin d'une panne carrée
Celui du Père Baulant possède un manche plus long que celui que j'ai fait.
Je me souviens que le cordonnier de mon village travaillait assis devant son pied, et lors du cloutage, il n'avait aucune raison de lever le bras, son avant bras devait rester appuyé sur sa cuisse et je vois très bien le mouvement du poignet qui se trouve plus bas que la surface frappée...
Néanmoins, mon manche restera court, je le trouve beau ainsi.

Avant de terminer, je rappellerai ce détail qui est repris sur le site que je renseigne plus haut.
 - Avant de se demander à quoi peut servir un outil, on doit se demander à qui il servait.
Cette sentence est de Paul Feller s.j. qui s'est beaucoup penché sur le sujet.
Je me dis aussi qu'on peut se demander comment on s'en servait.

A côté de ce travail de manche ;-) j'ai jugé que le tronc ramené de la plage de Wissant, que j'estime être de tamaris (j'ai beaucoup de bonnes raisons, on verra à l'autopsie si aspect, écorce et habitat correspondent à la coupe transversale de celui qui est déjà tourné mais que le séchage a gâché.
Un petit coup d’œil donc du côté du cylindre préparé pour refaire un dé honorable en tamaris m'a conduit à lui chercher un anneau. J'ai ainsi farfouillé dans une boîte où se trouvaient quelques cylindres en bois exotiques qui sont en attente depuis les années nonante...
Si ces bois sont indigestes, il n'en va pas de même des cylindres martyrs. Il serait temps que je m'en occupe pendant qu'il reste de la matière à serrer.
L'ébauche choisie était notée : Karanda. J'ai d'abord finalisé le dé, je prendrai l'anneau dans le surplus.
ensuite confiant dans l'universalité de l'internet, j'ai cherché à en savoir plus.
Inconnu dans wooddatabase ! tout ce que ggl me trouve, c'est un jeu vidéo débile et des baies riches en fer qu'on trouve au flanc de l’Himalaya.
J'ai tout de même fini par avoir une piste : comme je m'en doutais un peu, le nom déjà fort variable de pays à pays et même de région à région quand ce n'est pas à l'intérieur d'une même région peut également être amputé, abrégé...
voir du côté du (ja)karanda, bois noir, veiné et pesant.
Et là, je trouve le Jacaranda chez Wood database. En fait c'est le Brazilian Rosewood, Bahia Rosewood, Jacaranda, Palissandre du Brésil - Dalbergia nigra pour mettre tout le monde d'accord.

Je recopie d'ailleurs sans vergogne la description de la coupe transversale que je trouve dans Wood database :
Diffuse-porous; medium to very large pores in no specific arrangement; solitary and radial multiples of 2-3; mineral deposits occasionally present; growth rings indistinct; rays not visible without lens; parenchyma banded (seemingly marginal), apotracheal parenchyma diffuse-in-aggregates, paratracheal parenchyma vasicentric, sometimes weakly aliform.

ma photo n'est pas de bonne qualité pour être absolument certain, mais... il y a de ça...
je crois qu'on est à peu près bon là ?



dimanche 22 octobre 2017

au fil des impressions

Jeudi, début d'un (tout) petit périple dans les Vosges.
L'élément déclencheur, c'est la tenue d'un marché aux tissus à Sainte-Marie-aux-Mines. Nous y étions déjà passés au printemps, mais en plus Sabine avait projeté une visite à une exposition qui se tenait à Mulhouse.
Las... l'expo vient de fermer ses portes alors nous avons changé le programme (et nous n'y avons rien perdu).

Mais commençons par le début :
Il n'y aura pas de photos de cette "foire" aux tissus, qu'on s'imagine seulement quelque chose comme Stof, stof en nog stoffen   mais en général moins coloré.
A la sortie de cette manifestation, un bureau de tourisme et patrimoine a accroché mon regard, on y présentait le patrimoine minier de Sainte-Marie. J'ai une vague idée et c'est l'occasion d'en connaître un peu plus, j'entre.
Assez longue conversation avec un responsable qui m'apprend beaucoup de choses, achat d'un livre (qui est déjà bien entamé) très intéressant sur le sujet et à la suite de Sabine je rejoins l'étage toujours dédié au patrimoine mais non exclusif des mines. Là, nous avons l'opportunité d'une encore plus longue conversation avec la responsable de l'information. Conversation tous azimuts avec découvertes à la clef...
Sainte-Marie outre son passé minier (argent, plomb etc...) a connu comme toute vallée vosgienne qui se respecte une grande activité textile, témoin, ce métier que nous n'avions même pas photographié tant nous étions captivés par la conversation. J'emprunte donc l'illustration qui suit au site propriétaire très intéressant
Cerise sur le gâteau, les inévitables recherches qu'a générées cette rencontre, me rappellent que la Grande Guerre a sévi aussi dans ces montagnes et précisément autour du col entre Sainte-Marie et Ban-de-Laveline où subsistent quantité d'ouvrages bétonnés. Qui dit bétonnés dit allemands... ce qui nous apprend que ici aussi les points importants des crêtes ont été perdues en août 14 par l'incapacité des officiers supérieurs français à bien commander les superbes soldats qu'ils avaient à disposition. Saint-Cyr formait le courage et le panache soit, mais en face on était pragmatique et efficace, et c'est le sang du paysan et de l'ouvrier de France qui a du équilibrer cette injuste balance.

Nous approfondirons, nous en reparlerons certainement, mais nous parlerons avant de ce qui a remplacé la visite de Mulhouse :
Une visite à l'écomusée de Wesserling dans le sud du massif des Vosges.
Pour aller de Ban-de-Laveline à Wesserling nous avions prévu la route parallèle à la route des crêtes mais qui saute d'une vallée l'autre. Par Fraize et Plainfaing nous avons continué de remonter la Meurthe qui devient  un gros ruisseau cascadant
Bientôt, la petite route prévue s'est trouvée barrée, du moins c'est ce qu'annonçait la signalisation.
Cela nous a obligé de faire un grand détour. Mais au fond cela nous a fait découvrir le pays.
Le trait rouge montre le trajet aller avec ripage vers Le Thilot qui nous a fait parcourir des vallées qui ont connu l'industrie textile, il n'y a pas un patelin qui n'ait possédé sa ou ses usines attestées par les bâtiments qui subsistent souvent.

L'occasion de passer aussi par le col de Bussang qui fait vraiment montagne, mais nous arrivons maintenant dans le lieu qui a motivé ce déplacement.
Le parc et l'écomusée de Wesserling valent le détour comme on se plait à le dire ailleurs.
Il s'agit d'un ensemble de bâtiments industriels, sauvegardés, restaurés, sans doute reconstruits et aménagés qui abritent des activités diverses : distribution, création, fabrication ...
et culture. C'est là que nous allons.
Nous y retrouvons encore le métier à tisser, mais celui ci est vraiment un ancêtre
et ce qui a sans doute été aussi important que le tissage dans ces lieux, l'impression
Mais suivons simplement les photos, elles parleront mieux que moi








Perplexe... et y a pas que ça...


et ce travail de kilt va nous conduire tout droit......

au centre de la terre ?
oui... parallèlement aux expositions de textile, se tenait une autre exposition de l'étrange. Une exposition dédiée à l'oeuvre de Jules Verne




belle exposition, inquiétante parfois...
Il est sans doute temps de s'élever au dessus de tout ça ?
mais point trop sans doute ?
impression ? nous parlions d'impression ?